Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenue dans mon univers : celui de la lecture. Pas un jour sans livre, que cette lecture soit plaisir ou outil de travail. Partager ce plaisir, aider à l'accès à la lecture est le but de ce blog. Passer un livre, passer des idées, passer l'envie de lire .... " J'aime à croire qu'on lit pour ne plus se sentir aussi seul, pour prendre conscience que quelqu'un est déjà passé par là et a eu les mêmes pensées , les mêmes réactions , quelqu'un qui a affronté les mêmes dilemmes, doutes et regrets que vous. " La symphonie des hasards , Livre 2 Douglas Kennedy

deux oeuvres de Yasmina Reza

Je ne connaissais pas du tout les oeuvres de Yasmina Reza, même si j'avais entendu parler de Art, et vu l'adaptation cinématographique (qui ne m'avait pas subjuguée) .

Je viens donc d'entrer de plein pied dans son oeuvre en lisant Le Dieu du Carnage et Conversations aprés un enterrement.

 

Lecture agréable au premier abord : elle semble même facile et rapide

mais lecture complexe si on s'y arrête un moment et on ne peut que s'y arrêter.

Ne fût-ce que pour le style particulier de ces textes :

des mots, des epxressions, des tournures, une langue qui joue et qui se joue des mots.

 

Commençons par Conversations aprés un enterrement : (1987)

Pièce de théatre quasi continue qui comporte 9 actes , sans aucune scène et avec peu de didascalies.

 

Cette pièce met en scène une famille réunie pour enterrer dans le parc familial un homme, père de certains : 3 enfants réunis  :  Nathan, Edith, et Alex et frère et beau-frère de :Pierre et Julienne.

Réunis autour de la mémoire de cet homme qu'ils vont redécouvrir, au travers de leurs souvenirs, dont ils vont apprendre la vie des derniers mois, la vie intime.

Ces conversations tour à tour convenances familiales, paroles obligées vont elles aussi leur permettre de se redécouvrir entre eux, et eux mêmes, entre non-dits et dits.

En effet la présence d'un "élément perturbateur" en la personne de l'ancienne femme du cadet des frères, Elisa  va réveiller les passions.

 

3 figures masculines et 3 figures féminines sont présentes et chacune joue un rôle, puisqu'elles s'échangent la parole tour à tour de façon finalement trés organisées dans le texte.

Autant  Elisa  est la figure de l'élément perturbateur, autant la tante est la figure de la douceur, de l'affable raison.

Chaque conversation en duo permet aux personnages d'avancer dans leur logique, dans la gestion de leurs émotions et de leur vie. Chacun aura à la fin pris une décision quant à son futur, quant à son relationnel avec les autres.

Les conversations auxquelles prennent part tous les personnages ressemblent plus à un refrain, à des passages obligés, des conversations sans but réel, des conversations pour occuper le temps.

 

Un texte donc qui a plusieurs intérêts :

  • la fiction , l'histoire d'une famille ; 
  • le récit, d'un moment caractéristique à tous ;
  • la réflexion sur le langage, ce qui est dit, ce qui est censé être dit, ce qui se dévoile.

En tout cas ce texte transcrit des conversations qu'on a tous vécues, qu'on a subies lors de circonstances identiques. A penser que cette oeuvre tend à l'universel.

 

Suit : Le Dieu du Carnage  (2007)

 dont il existe une adaptation Carnage de Roman Polanski

 

Un huis clos qui "met au bec" 2 couples,  les parents de 2 enfants : les Houllié et les Reille. L'un a blessé l'autre, et les parents sont réunis pour rédiger ensemble la déclaration d'assurance.

Les parents sont censés établir l'ordre, réparer la bêtise des enfants. Mais trés vite ils vont imiter les enfants et reproduire la violence, d'abord verbale mais à la fin du texte comportementale et gestuelle.

 

On assiste même là à une critique de l'utilisation du téléphone portable, avec le personnage d'Alain Reille, père du petit "bourreau", addict du portable qui ne peut pas s'empêcher de travailler avec son collaborateur,

" Moi je crois au Dieu du carnage. C'est le seul qui gouverne, sans partage, depuis la nuit des temps."

  sans réellement s'occuper de l'incident pour lequel il est là.

 

  Encore une pièce de théâtre aux répliques cinglantes, au jeu sur les mots.

" Vous n'aimez pas ce mot là, mais le mot est malheureusement juste."

 

Les réparties entre la mère de la victime et le père du "bourreau" sont violents et trucculents. Mais le conflit se déplace peu à peu : les couples eux mêmes réglant leurs affaires.

 

                                               Deux textes rapides à lire et à l'humour caustique.

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Quelle jolie chronique....
Répondre
P
<br /> <br /> Merci. J'ai essayé de résumer ce que j'avais ressenti à la lecture de ces oeuvres qui m'ont bien plû.<br /> <br /> <br /> <br />