#Enfantdesalaudrentreelitteraire2021sorjchalandon #NetGalleyFrance !

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                           Résumé             #Enfantdesalaudrentreelitteraire2021sorjchalandon #NetGalleyFrance

Un jour, grand-père m’a dit que j’étais un enfant de salaud.

Oui, je suis un enfant de salaud. Mais pas à cause de tes guerres en désordre papa, de tes bottes allemandes, de ton orgueil, de cette folie qui t’a accompagné partout. Ce n’est pas ça, un salaud. Ni à cause des rôles que tu as endossés : SS de pacotille, patriote d’occasion, résistant de composition, qui a sauvé des Français pour recueillir leurs applaudissements. La saloperie n’a aucun rapport avec la lâcheté ou la bravoure.

Non. Le salaud, c’est l’homme qui a jeté son fils dans la vie comme dans la boue. Sans trace, sans repère, sans lumière, sans la moindre vérité. Qui a traversé la guerre en refermant chaque porte derrière lui. Qui s’est fourvoyé dans tous les pièges en se croyant plus fort que tous : les nazis qui l’ont interrogé, les partisans qui l’ont soupçonné, les Américains, les policiers français, les juges professionnels, les jurés populaires. Qui les a étourdis de mots, de dates, de faits, en brouillant chaque piste. Qui a passé sa guerre puis sa paix, puis sa vie entière à tricher et à éviter les questions des autres. Puis les miennes.

Le salaud, c’est le père qui m’a trahi.

    Je suis définitivement fan ...de l'écritude Sorj Chalandon !

Encore une bonne claque ! Cette fiction autobiographique est remuante. On se met dans la peau de cet enfant qui cherche la vérité sur son père, sur son passé , qui cherche à comprendre qui est réellement ce père.

Il n'en voit et nous ne raconte que ce personnage que le père s'est créé..."mon père, ce héros ! " presque ...Son enfance est troublé par le caractère ombrageux de ce fantasque père, par sa tyrannie infligée à la mère, mais surtout par les propos du grand-père qui éveille sa curiosité. 

Devenu journaliste, le fils enquête ; grâce à un ami, il prend connaissance du dossier et du casier judiciaire de son père et découvre peu à peu à la lecture de ce procès une partie de faits, de dates ...que son père n'a jamais évoqués...Une part sombre. 

Le roman nous offre un double récit passionnant : le procès caché de l'histoire personnelle du père de l'auteur se déroule en même temps qu'un grand procès de la grande Histoire : celui du nazi Klaus Barbie en 1987.  Un parallèle s'établit, l'horreur de la guerre, l'horreur de l'inhumanité est évoquée, est répétée...L'horreur prime...Deux hommes face à la Vérité, contre la Vérité des autres. L'identité de chacun d'entre eux est interrogée. Deux portraits de lâche. 

Ce roman m'a fait vibrer : le portrait de ce père, ce bourreau de famille, ce mythomane face à la désillusion, la honte, le malaise de son fils m'ont bouleversé, m'ont interrogé.

J'ai d'autant plus aimé ce roman que j'ai visionné pendant ma lecture le film Profession du père (avec Benoit Poelvoorde en père) tiré du précédent roman de Sorj Chalandon que je n'ai pas lu, qui présente déjà ce père tyrannique et fou. On retrouve d'ailleurs dans le roman et dans le livre la même scène originelle de l'histoire familiale : l'insulte du grand-père à l'encontre de son propre fils, celle qui ouvre les yeux du petit fils, celle à l'origine de la recherche de la vérité. 

Un roman aux accents vrais sur la mystification, sur la souffrance d'un fils.

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