#Leriredesdéesses #NetGalleyFrance !

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                                     Résumé                         #Leriredesdéesses #NetGalleyFrance !
Au Nord de l’Inde, dans une ville pauvre de l'Uttar Pradesh, se trouve La Ruelle où travaillent les prostituées. Y vivent Gowri, Kavita, Bholi, ainsi que Veena, et Chinti, sa fille de dix ans. Si Veena ne parvient pas à l'aimer, les femmes du quartier l'ont prise sous leur aile, surtout  Sadhana. Elle ne se prostitue pas et habite à l’écart, dans une maison qu’occupent les hijras, ces femmes que la société craint et rejette parce qu’elles sont nées dans des corps d’hommes. Ayant changé de sexe et devenue Guru dans sa communauté, Sadhana veille sur Chinti.
Leurs destins se renversent le jour où l’un des clients de Veena, Shivnath, un swami, un homme de Dieu qui dans son temple aime se faire aduler, tombe amoureux de Chinti et la kidnappe. Persuadé d’avoir trouvé la fille de Kali capable de le rendre divin, il l’emmène en pèlerinage à Bénarès. Comment se douterait-il que sur ses pas, deux représentantes des castes les plus basses, une pute et une hijra, Veena et Sadhana, sont parties pour retrouver Chinti, et le tuer ?

Des bas-fonds de l’Inde où les couleurs des saris trempent dans la misère à sa capitale spirituelle, Ananda Devi nous entraîne dans un roman haletant et riche pour fouiller, à sa manière, les questions brûlantes de notre époque : la place des femmes et des transsexuels, le règne des hommes et la sororité  ; les folies de la foi, la pédophilie  ; la religion, la colère et l’amour. Avec son style incisif et poétique, elle brise le silence des dieux pour faire entendre et résonner le cri de guerre des femmes – le rire des déesses.

  Coup de coeur !

Le récit est hallucinant de cruauté mais de réalité pour les femmes indiennes : la fiction nous fait entrer dans la vie de Veena une prostituée des bas fonds de la Ruelle, une femme qui tente de survivre dans la misère, la crasse, la merde, dans la violence des hommes et de la société indienne pour qui ces femmes, pauvres, miséreuses ne sont rien. Une femme tellement malmenée qu'elle fait tout pour ne plus souffrir, pour ne plus ressentir, pour ne plus aimer. Pour cette raison, elle laisse sa fille vivre ou plutôt survivre au milieu de cette maison de passe, de ces minuscules cellules où les autres femmes survivent et travaillent, à l'intérieur des murs, cachées aux yeux de tous , comme une fourmi. La petite très vite est laissée seule, doit vivre, s'occuper et grandir ...A tel point qu'elle doit elle même se trouver un nom, se nommer pour exister et elle choisit le nom de Chinti, qui signifie Fourmi, celle qu'elle est au sein de sa maison. 

En grandissant elle est appréciée par les comparses de sa mère, elles aiment son naturel, sa beauté, sa grâce, sa joie de vivre, Chinti se révêle une enfant lumineuse. Elle est aimée des femmes de la ruelle mais se lie aussi avec les Hijras, classe en marge, ces femmes-hommes et découvre en Sadhana et sa compagne Réhane plus que des amies, des mères de substitution. Lumineuse au point d'être repérée par le client le plus important de sa mère, un swami, un homme saint et puissant qui se dédouane de ses actes, loin d'être vertueux en cotôyant ces femmes des bas fonds, qui tombe en admiration devant cet enfant pur et innocente, lumineuse dans cette crasse, qui en devient fou, comme envoûté, comme amoureux, avec l'intention de la posséder. En homme de pouvoir il s' empare de son nouveau jouet, l'emmenant contre le gré de Veena dans son temple. 

L'auteure sait décrire ces deux mondes totalement différents, opposés en tout. Seuls les rapprochent la bassesse. Elle n'hésite pas à plonger le lecteur dans la réalité affreuse des femmes ,elle utilise les mots vrais et crus qui disent l"horreur des corps, des coeurs et elle nous plonge aussi dans la société indienne qui ne cautionne pas la vie des femmes. L'inde est un pays d'hommes, on honore le lingam, la puissance masculine. L'homme saint retrouve sa véritable place d'homme, humain. Lui même démonte cette religiosité si naîve et innocente des croyants. Il est la figure même de l'anti sainteté, manipulateur des foules et créateur de mystères et de mensonges.

La 4ème de couverture de Grasset ou de NetGalley qui m'a permis de découvrir ce roman (citée ci-dessus) dévoile trop l'intrigue à mon sens et va jusqu'à résumer plus de la moitié du roman. Mais heureusement elle ne rend pas la langue, le style de l'auteure : lucide, acide et critique. Ce style ouvre les yeux des lecteurs tout en ouvrant ceux des personnages sur cette société injuste, monstrueuse pour les femmes et les miséreux. 

C'est un roman réaliste cru qui raconte une quête haletante, un combat désespéré de ces femmes. Les personnages principaux à l'opposé de la réalité sont des héroïnes qui s'élèvent dans les sentiments, les valeurs d'amour, de sacrifice, de courage, de résistance, de force...et d'espoir. 

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