Tableau final de l'amour                          Larry Tremblay                   La Peuplade Roman
Tableau final de l'amour                          Larry Tremblay                   La Peuplade Roman

       1er roman lu dans le cadre des Explorateurs 2021. 

Un joli objet : le livre et sa couverture : 

J'ai été attirée par cette jolie couverture mettant en avant une photo en sépia mettant en scène 2 hommes inconnus de moi, et la quatrième de couverture vide et mystérieuse....jusqu'à ce que en manipulant un peu ce livre je découvre sur chaque face un petit repli qui dévoile le titre de la photo : George Dyer and Francis Bacon in Soho, 1966 et une présentation de l'ouvrage (issue de Lecteurs.com) : 

 

  • Date de parution : 
  • Editeur : La Peuplade
  • EAN : 9782924898987
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Librement inspiré de la vie du peintre Francis Bacon, Tableau final de l'amour fait le récit d'une quête artistique sans compromis, viscérale, voire dangereuse. Dans une Europe traversée par deux guerres s'impose la vision d'un artiste radical dont l'oeuvre entière, obsédée par le corps, résonne comme un cri. S'adressant à l'amant qui lui a servi de modèle - ce « petit voleur inexpérimenté » qui, en pleine nuit, s'est introduit dans son atelier -, le narrateur retrace les errances de leur relation tumultueuse. Avec ce roman, rappelant l'érotisme de Bataille ou de Leiris, Larry Tremblay poursuit son oeuvre de mise à nu de l'être humain.

Il ne fallait pas peindre la surface des choses, mais ce qu'elle cachait. Ne pas peindre l'espace, mais le temps. Ne pas peindre ton corps, mais sa mort.

 

                                                        Page 100  Explorateurs de la rentrée 2021

Embarquée dès le début de cette fiction par la rencontre violente entre deux hommes : l’un peintre, l’autre voleur, je suis entrée dans la vie du narrateur (dont on sait par une note introductive qu’il s’agit de Francis Bacon)  par effraction comme ce cambrioleur. Le narrateur s’interroge sur les liens entre eux. 
L’auteur nous perd ainsi dans les méandres de réflexion de l’artiste en quête de perfection, tiraillé entre amour et violence, tiraillé entre ses désirs charnels, et ses aspirations artistiques. L’écriture dynamique de ce roman titille ma curiosité alors que la fiction oscillant entre pensées, questionnement, souvenirs de scènes violentes et sexuelles me déroute et me perturbe autant que le peintre lui-même.

 

                                                                                                                                Avis après lecture :

"Je n'arrivais pas à mettre le doigt sur la sensation qu'il provoquait en moi", cette citation tirée du roman s'est appliquée un moment à ma lecture ,  à ce tiraillement entre envie de poursuivre et de découvrir la vie de Francis Bacon et une impression de voyeurisme, d'entrer avec tant de détails dans son intimité. Dès le début, les descriptions voyeuristes et crues m'ont déconcertée voire heurtée. 

J'ai abordé ce texte comme une biographie fictive de Francis Bacon, ce peintre du XXème siècle dont je ne connaissais que le nom.  Depuis je me suis renseignée et informée. Ses tableaux illustrent sa vie, son vécu, ses émotions.  Ce roman est en fait le portrait psychologique d'un artiste tourmenté. Sa non-relation avec son père marque sa vie d'homme. Ses souvenirs de punition paternelle vont tracer une voie ambigüe : celle de la violence alliée au plaisir. Sa première expérience sexuelle, un viol va aussi dans ce sens : violence et désir vont conditionner ses relations sexuelles. Se prostituant par nécessité et par envie, il va passer d'une conquête homosexuelle à l'autre, ne s'attachant que peu, entiché seulement des corps. Ces corps qui sont essentiels dans sa peinture. Sa rencontre initiale percutante avec un petit voleur qui deviendra son modèle suivra ce schéma : adoration du corps et destruction par la peinture de ce corps. 

D'apparence classique, le roman alterne le passé, scènes originelles et le présent, construction d'un artiste qui passe par des périodes de création et d'attente, de reconstruction d'un individu qui tente de se comprendre, de maîtriser sa différence  ...J'ai ainsi aimé suivre la fièvre créatrice, la passion qui animait cet artiste ,bien que souvent je ne l'ai pas comprise. La description de ses tableaux est criante de réalisme, leur genèse complexe. Cet homme était  passionné par une quête : trouver la Vérité, au-delà du corps, notamment du corps de ce voleur/amant. Se laissant porter par les évènements, prêt à quitter Londres, pour voyager pour son art ou pour ses amours,  l'artiste avait l'âme d'un amant passionné. C'est d'ailleurs l'enjeu de ce texte qui est comme l'annonce le titre, un roman d'amour. Racontant cette relation d'amour compliquée, Larry Tremblay nous offre un portrait direct et cru de cet homme, éternel indécis qui se cherche au travers des autres, qui mêle amour et art.  C'est au final un beau portrait de l'artiste et de l'amour. 

 

 

 

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