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Bienvenue dans mon univers : celui de la lecture. Pas un jour sans livre, que cette lecture soit plaisir ou outil de travail. Partager ce plaisir, aider à l'accès à la lecture est le but de ce blog. Passer un livre, passer des idées, passer l'envie de lire .... " J'aime à croire qu'on lit pour ne plus se sentir aussi seul, pour prendre conscience que quelqu'un est déjà passé par là et a eu les mêmes pensées , les mêmes réactions , quelqu'un qui a affronté les mêmes dilemmes, doutes et regrets que vous. " La symphonie des hasards , Livre 2 Douglas Kennedy

La longue marche de Samuel C. Philippe Bocq Librinova

La longue marche de Samuel C.                               Philippe  Bocq                                 Librinova

    Je referme ce livre songeuse et horrifiée (à l'instar du personnage principal Samuel dans ces débuts ) ! 

Cet ouvrage de récit sociologique est aussi philosophique. Il amène le lecteur à s'interroger sur la liberté, notre liberté de penser, mais aussi sur notre rapport aux autres et à la société. 

La longue marche de Samuel C nous raconte la vie de cet universitaire qui évolue tranquillement dans sa vie professionnelle en tant que chercheur sociologie à Paris Descartes. Or de sociologie il va être question et le lecteur tout en découvrant le tournant de la vie de Samuel va prendre un cours d'introduction à la sociologie passionnant. 

La vie de Samuel va être impactée par l'évolution de la société française par la force des élections présidentielles. La France entière va être entraîné par un leader Sébastien Fournier candidat aux élections présidentielles qui propose une nouvelle République, un nouveau système en adéquation avec l'évolution de la société et les desiderata du peuple. 

J'ai adoré retrouver les spécificités de notre époque décrites dans ce roman : les questions d'identité (les LGBT et + ) et d'égalité (sous toutes ses formes : de genre, économique...) (issue sans aucun doute des gilets jaunes) . Une peinture de notre société, une peinture exacerbée. C'est intelligent et passionnant ! Cette dystopie présente de futures élections présidentielles et une VIème République ...

Samuel travaille sur Paris mais aussi en région, notamment cette belle et triste région des Hauts de France     ( choix parlant pour moi qui y vis ) , il observe les élites universitaires parisiens et les élites économiques, en fréquentant pour ses enquêtes sociologiques les chefs d'entreprise. Il est l'observateur parfait de cette société , du tournant espéré et craint à Paris et en province. Il va cependant se retrouver dépourvu et errer dans ce contexte, devenant spectateur , puis ostracisé par ce système sans le vouloir. Victime de ce climat , entrainé malgré lui par ses collègues , par le peuple, par les évènements. Cette mise en place d'un nouveau système bien qu'égalitaire s'installe dans le doute, la suspicion et la douleur. Forcément on se met à la place de Samuel et on s'interroge aussi. 

J'ai apprécié ce roman d'anticipation aux accents actuels, un roman qui a l'avantage d'interroger la société, les valeurs, la politique. 

Je recommanderais ce livre mais il ne plaira pas à tout le monde, c'est un livre peu divertissant en terme de récit : pas réellement de romance, le personnage se laisse surtout porter par les événements . C'est surtout une description des évènements, de la société. Il faut apprécier la sociologie, la politique. 

                                                                                     Quatrième de couverture / Extrait 

Courbet piétina ce slogan, trop heureux de ce geste symbolique anti-randonneur. Ce procédé de collage offrait aux opposants l’occasion d’écraser les idées du parti de Fournier à chaque pas – leur ascension banale des marches du métro prenait la nature d’un acte politique revanchard –, mais il était très efficace par le martèlement des mots qui s’imprimaient irrémédiablement dans le cerveau de l’usager. Quant aux sympathisants du parti de l’Égalité, ils pouvaient religieusement détourner leur pas pour ne pas commettre de blasphème et faire publiquement acte de foi.

Alors qu’il posait pour la quatrième fois son pied droit bien au centre d’un autocollant, un énorme godillot siglé Quechua vint se poser sur les orteils de Courbet pour les écraser méchamment. Une grande silhouette le bouscula de ses larges épaules et continua sa descente. Courbet se retourna en poussant un cri suivi d’une invective onomatopée. Il croisa le regard d’un randonneur qui avait certainement repéré son petit manège. Voyant qu’il maintenait le regard, l’activiste stoppa net, semblant prêt à lui sauter dessus bien qu’il fût maintenant quatre marches plus bas.

- Vous ne pourriez pas faire attention ?

- On ne piétine pas l’égalité.

- Vous êtes malade.

- Sale droitiste !

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