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Bienvenue dans mon univers : celui de la lecture. Pas un jour sans livre, que cette lecture soit plaisir ou outil de travail. Partager ce plaisir, aider à l'accès à la lecture est le but de ce blog. Passer un livre, passer des idées, passer l'envie de lire .... " J'aime à croire qu'on lit pour ne plus se sentir aussi seul, pour prendre conscience que quelqu'un est déjà passé par là et a eu les mêmes pensées , les mêmes réactions , quelqu'un qui a affronté les mêmes dilemmes, doutes et regrets que vous. " La symphonie des hasards , Livre 2 Douglas Kennedy

Française Alexandre Jardin

Française                       Alexandre Jardin

                                                                     Résumé 

Une effrontée qui se donne le droit d'être elle-même.

Une amoureuse qui consent à toutes ses contradictions.

Une frondeuse assez sage pour être imprudente.

Une Française.

      Une définition qu'est censée illustrer l'héroïne d'Alexandre Jardin, Kelly et effectivement la 4ème de couverture nous avertit : Kelly est effrontée, amoureuse, frondeuse ….j'ajouterai entière, hystérique, nymphomane….Par contre  "française" , je n'adhère pas à la définition : je me fais une autre idée de la liberté, être libre et libérée ne devrait pas pour moi correspondre au fait de gifler tout à chacun ! 

"La grande évasion, ça n’existe pas, Kelly. On ne peut pas s’échapper de la vie,
se barrer comme ça des choses, tout détruire, déchirer. "

J'avoue que j'ai eu du mal à la supporter au début, et c'est un euphémisme et finalement son naturel m'a plu et m'a emporté.

Quoi qu'il en soit, c'est elle qu'on suit dans la France d'aujourd'hui, dans la France de Macron. Alexandre Jardin n'hésite pas à employer un style moderne, une langue crue pour décrire la violence de notre société, de cette époque d'avant et pendant la crise des gilets jaunes. Et par le biais de son héroïne dresse le portrait d'hommes du terrain corrompus et détestables et aborde des problèmes sociétaux, ignorés, déformés ou évités dans les médias :

« les cramoisis, les bombardés d'infos qui vivent chichement dans les lotissements, les gendarmes à bout, les agissants tenaces, les suiffeux diabolisés, les gueulards si maltraités par l'État, l'éboulis des sans-logis, les arabes à qui on dénie leur francité, les radiés de tout, les petits blancs saturés de chagrin identitaire… »

 C'est donc Alexandre Jardin qui grâce à Kelly se sent libre de décrire et décrier ce qui se passe en France et c'est précisément cette liberté, cette non-censure qui m'a dans un premier temps étonné mais surtout qui m'a plu.

Même si l'auteur dans son avertissement nous prévient :
On pourra à bon droit m'accuser d'une spéculation littéraire sur la misère pittoresque et le désarroi qui font vendre. Ou de traiter de la déveine sociale comme un exotisme pour les beaux quartiers. »
Certaines scènes et critiques sont jouïssives (oups apparemment Kelly détient sur moi !) , j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman à tel point que la dernière page arrivée, Kelly et sa clique m'ont manqué.
  J'ai aimé ce roman d'Alexandre Jardin, son nouveau style et sa volonté d'orienter son écriture vers le populaire : 

« Je n'écris plus pour éviter par l'imagination, j'écris pour me révolter. Et pour contribuer à la lisibilité du monde, au risque de braquer l'oreille publique. ».

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