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Bienvenue dans mon univers : celui de la lecture. Pas un jour sans livre, que cette lecture soit plaisir ou outil de travail. Partager ce plaisir, aider à l'accès à la lecture est le but de ce blog. Passer un livre, passer des idées, passer l'envie de lire .... " J'aime à croire qu'on lit pour ne plus se sentir aussi seul, pour prendre conscience que quelqu'un est déjà passé par là et a eu les mêmes pensées , les mêmes réactions , quelqu'un qui a affronté les mêmes dilemmes, doutes et regrets que vous. " La symphonie des hasards , Livre 2 Douglas Kennedy

Murène Valentine Goby Avis final

  On ne sort pas indemne de cette lecture : suivre  le parcours de François est un véritable parcours du combattant. Certes je l’avais pressenti : ce personnage est fort, mais il fait ressentir au lecteur ses moments de doute, ses angoisses, l’absurdité d’une vie lorsqu’on est dépossédé de son corps.

En effet un accident effroyable, que le jeune homme a oublié, distillé en petits bouts par les témoins et participants de cet accident, un accident aux conséquences irréversibles et horribles, va transformer le corps de François,  le privant  des deux membres supérieurs. François va survivre, et devoir réinventer sa vie avec ce lourd handicap.

Les émotions m’ont submergée : l’espoir de le voir vivre, le doute de le voir en vie, mais tronqué d’une partie de lui et de sa vie d’avant, la pitié face à ce corps et à la réduction au rang d’objet, la déception face à ses tentatives vaines, la déception face à ce que la société de l’époque (les années 60) propose comme appareillage, encore tâtonnant. Après l’acceptation ou l’obligation de faire avec ce corps, les luttes quotidiennes, il faut au personnage encore subir les douleurs de l’âme, accepter le regard des autres. Je n’ai pu qu’admirer la force vitale de cet homme, et finalement de tous les handicapés.

« Rien de ce qui est humain ne m’est étranger » a dit Térence, et c’est exactement  ce qu’on ne peut s’empêcher de penser. D’autant que l’expérience vécue par François tend à l’universel et va dessiner  l’historique de ce qu’on n’appelle pas encore le handisport. L’auteure l’avoue elle-même, ce roman est un travail sur « le pari de vivre, les métamorphoses qu’il engendre ».

C’est un roman éprouvant qui interroge sur nos capacités, sur la reconstruction de soi, sur le dépassement de soi, et le sport permet au héros et aux personnes handicapées, de guerre ou civils, dans un premier temps une rééducation puis d’atteindre des performances, voire d’égaler les valides.

C’est un combat multiple auquel nous convie cette lecture : celui de ce personnage François pour sa vie, celui de tous les handicapés présents dans le roman quel que soit le handicap (amputé tibial, fémoral, paraplégique, polio…) et celui de la pratique, de la reconnaissance du sport pour les handicapés. J’ai été touchée par ce livre et je le conseille vivement à ceux qui s’intéressent à la résilience.

 

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