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Bienvenue dans mon univers : celui de la lecture. Pas un jour sans livre, que cette lecture soit plaisir ou outil de travail. Partager ce plaisir, aider à l'accès à la lecture est le but de ce blog. Passer un livre, passer des idées, passer l'envie de lire .... " J'aime à croire qu'on lit pour ne plus se sentir aussi seul, pour prendre conscience que quelqu'un est déjà passé par là et a eu les mêmes pensées , les mêmes réactions , quelqu'un qui a affronté les mêmes dilemmes, doutes et regrets que vous. " La symphonie des hasards , Livre 2 Douglas Kennedy

Ma grande Claire Castillon

Ma grande                                      Claire Castillon Ma grande                                      Claire Castillon

Coup de coeur  !

Un roman que j'ai dévoré, subjuguée par la détresse de cet homme !

4ème de couverture :

"La vérité, c'est : je t'ai tuée et c'est tout. J'ai sans doute pas raison. Je regrette rien, et c'est mal." Ils se sont rencontrés à la piscine. Ils se sont aimés pas longtemps. Ils se sont acheté une maison. Il n'a jamais cessé de subir et malgré tout un enfant est né. Il n'était pas vraiment un homme battu : pas de bleus, rien de visible. Et pourtant des coups il y en a eu. Alors on se demande pourquoi il est resté. "

           Ce long monologue d'un homme martyrisé moralement par sa femme, piégé dans sa relation de couple est poignant.

"Ailleurs, t’étais ma femme. Ma grande, c’était la nuit. Et la nuit était rare. Sauf le jour, ça oui. Avec toi, il faisait noir. "

Ce n'est pas tant la fin de leur couple : la mort par noyade de la femmeque l'on connait depuis le début du texte qui nous incite à lire cette confession mais la liste, l'accumulation de toutes les vexations, humiliations qu'a subi cet homme.

Il lui a fallu subir sa femme, la supporter, lui obéïr, s'oublier , oublier qui il était, abandonner ses goûts et ses loisirs:le footing, l'écriture ..., oublier les autres, voire les nier : son père et son meilleur ami , sont morts sans lui.

     La description de ce qui ressemble à un enfer conjugal est glaçante : on s'interroge sur la véracité de ce type de relation au sein d'un couple.

La routine prend ici toute son ampleur avec cette femme, véritable harpie qui dirige toute la famille avec ses humeurs et son caractère : égoîste, jalouse, paranoîaque... C'est un personnage haut en horreur que nous présente là Claire Castillon, et pourtant c'est une horreur du quotidien, cette femme est chiante et égoîste .

EgoÏste au point de faire souffrir son mari et sa fille, qui témoin traumatisé oscille entre période où elle  imite  sa mère et méprise son père et période où elle aussi voudrait se libérer de ce poids pesant et dangereux qu'est l'attitude de sa mère.

On est figé devant l'horreur , et on comprend même l'acte lui-même , on excuserait presque cet homme humilié.

 "T’es plus là. Je peux pas dire ton nom, ni les dates, les endroits. Faut masquer tu comprends, tout est prémédité. Disons que c’était couru qu’un jour j’allais quelque chose. "

              Une histoire moderne à une époque où on dénonce la violence conjugale.

Les choses sont remises à leur place : la souffrance morale existe et les hommes aussi souffrent.

Perspective :

Suite à cette lecture, j'ai découvert cette auteure qui a écrit déjà une dixaine de romans. J'ai adoré cette narration de la réalité grinçante. Je suis impatiente de les découvrir.

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