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Bienvenue dans mon univers : celui de la lecture. Pas un jour sans livre, que cette lecture soit plaisir ou outil de travail. Partager ce plaisir, aider à l'accès à la lecture est le but de ce blog. Passer un livre, passer des idées, passer l'envie de lire .... " J'aime à croire qu'on lit pour ne plus se sentir aussi seul, pour prendre conscience que quelqu'un est déjà passé par là et a eu les mêmes pensées , les mêmes réactions , quelqu'un qui a affronté les mêmes dilemmes, doutes et regrets que vous. " La symphonie des hasards , Livre 2 Douglas Kennedy

la fin de la saga d' Elena Ferrante : tome 4

la fin de la saga d' Elena Ferrante  : tome 4

  S'achève avec ce 4ème tome le récit de la vie d'Elena Greco et de son amie Lila.

Après avoir vécu leur enfance, leur adolescence, et leurs vies de femme, nous découvrons l'âge de la maturité et de la vieillesse.

C'est donc avec un regard distancié que la narratrice va aborder leurs vies.

Un regard d'autant plus distancié que l'auteur de la saga (dont on ne sait rien / une émission sur Arte lui a été consacrée nous révélant les hypothèses quant à cet(te) auteur(e) mystérieux(se)) pourrait être la narratrice Elena Greco : femme écrivain, auteur de renom qui connaît le succès. Dans le texte même, elle met en scène Elena, anonyme, qui observant des lecteurs de  roman éprouve fierté. Un récit autobiographique ? Une mise en abyme ?

"Ce que j'étais aujourd'hui, l'auteure de nombreux livres et surtout d'un récit qui rencontrait un succès considérable, intitulé "Une amitié";" P549

Quelque soit finalement le genre de cette œuvre, elle m'a procuré une véritable addiction avec ce tome et avec cette saga : on se laisse guider, entraîner, perdre dans la vie d'Elena Greco. Et pourtant il ne se passe pas grand chose de neuf par rapport aux autres tomes : elle travaille beaucoup, doute toujours autant, tente de vivre une relation amoureuse, élève ses enfants.

Mais on la suit, on veut connaître la suite : on la voit se débattre avec ses origines : origine de sa vie, de sa passion , de ses amours et amitiés et surtout de son retour au quartier.

Malgré ses pérégrinations, j'ai trouvé que ce roman s'articulait plus que les autres autour d' épisodes importants:  le tremblement de terre, la disparition de Tina, la mort de sa mère.. qui permettent à la narratrice de faire la lumière sur ce qu'elle est, même si elle persiste dans ses doutes.

      "À l'idée de lui nuire et de ne plus le revoir, c'était comme si je me fanais d'un coup et dans la douleur : la femme libre et cultivée perdait ses pétales, se détachant de la femmemère, la femme-mère prenait ses distances avec la femme-maîtresse et la femme-maîtresse avec la mégère enragée, et toutes semblaient partir au gré du vent. Plus Milan approchait, plus je réalisais que, Lila écartée, je ne savais pas me donner de consistance, si ce n'est en me modelant sur Nino. J'étais incapable d'être mon propre modèle. Sans Nino, je n'avais plus de base à partir de laquelle, depuis le quartier, me projeter vers le monde : je n'étais qu'un tas de détritus."

   L'accent est de nouveau mis sur sa relation compliquée avec Lila , compliquée parce que le mystère perdure .

" J'avais beau trouver exaspérant que Lila soit entrée aussi dans la vie de mes filles en se les attachant, la dernière chose dont j'aurais pu l'accuser aurait été de ne pas leur avoir accordé toute son affection et son aide, contribuant à atténuer leurs angoisses. À vrai dire, c'était celle-là, la Lila que j'aimais. Celle qui savait sortir soudain de sa propre méchanceté et m'étonner. D'un coup, j'oubliai toutes les vexations – Elle est perfide et l'a toujours été, mais elle est aussi bien autre chose, il faut la supporter – et je m’avouai qu’elle m’aidait à faire moins mal à mes filles."

Mais c'est là qu'excelle la narratrice : dans la description de la dualité des êtres. Que ce soit Lila,ou ses anciens compagnons  : Nino et Pietro . Elle étudie leurs faits et gestes, qu'elle dissèque en essayant de les analyser. 

Dualité aussi de la narratrice elle même et de son écriture puisque P549elle conclue " toute la vie, elle n'avait fait que raconter son histoire de rédemption, en utilisant mon corps et mon existence."

BILAN :

  Ce qui est sur, c'est qu'elles vont me manquer, elles et l'ambiance de Naples, de l'Italie de cette époque qu'on voit défiler .

Une écriture fleuve dont la narratrice elle-même évoque les rouages :

" Fascinée, je reconnus le talent de Lila, à qui quelques mots suffisaient pour modeler et défaire à volonté l'imaginaire ; elle savait que dire et quand s'arrêter , laissant ses auditeurs en proie à leurs fantasmes et à leurs émotions, sans avoir besoin de rien ajouter. [...]

Je devrais écrire comme elle parle, [...]en laissant des abîmes , en jetant des ponts qui resteraient inachevés et en obligeant les lecteurs à fixer le courant." P.188

Finalement dans ce parallélisme entre le récit de Lila et le sien, n'est ce pas sa façon d'écrire qu'elle définit là ?

Bref j'ignore à quoi tient ce charme du roman : à l'écriture attrayante ,

au mystère des personnages ,

à la psychologie dont fait preuve la narratrice,

je n'ai pas trouvé la clef de ce mystère mais je me suis laissée porter avec plaisir.

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