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Bienvenue dans mon univers : celui de la lecture. Pas un jour sans livre, que cette lecture soit plaisir ou outil de travail. Partager ce plaisir, aider à l'accès à la lecture est le but de ce blog. Passer un livre, passer des idées, passer l'envie de lire .... " J'aime à croire qu'on lit pour ne plus se sentir aussi seul, pour prendre conscience que quelqu'un est déjà passé par là et a eu les mêmes pensées , les mêmes réactions , quelqu'un qui a affronté les mêmes dilemmes, doutes et regrets que vous. " La symphonie des hasards , Livre 2 Douglas Kennedy

Couleurs de l'incendie Pierre Lemaitre Edition Albin Michel

Couleurs de l'incendie                                     Pierre Lemaitre            Edition Albin Michel

           Couleurs de l’incendie,

Le  titre  évoque l’époque troublée de l’entre-deux guerres et le fil conducteur de ce roman : des vies dévastées par l’argent, par la vengeance.

      Le champ lexical est très sombre : convoitise, ressentiment,  ruine ,ambition, argent,  trahison, chute, vengeance …et pourtant voilà un roman pavé( 535 pages chez ALBIN MICHEL ) , suite du prix Goncourt Aurevoir là haut ! de Pierre Lemaitre que j’étais impatiente de lire .

Je remercie donc Lecteur.com et l’édition Albin Michel pour ce cadeau , ces heures de lecture agréable.

4ème de  couverture:

     Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l'empire financier dont elle est l'héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d'un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.

      Face à l'adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l'ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d'intelligence, d'énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d'autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l'incendie qui va ravager l'Europe.

    Couleurs de l'incendie est le deuxième volet de la trilogie inaugurée avec Au revoir là- haut, prix Goncourt 2013, où l'on retrouve l'extraordinaire talent de Pierre Lemaitre.

                                                                                             (Source : Albin Michel) 

    Encore une grande fresque historique que nous offre Pierre Lemaitre, à une autre époque que son ouvrage précédent : l’entre-deux guerre, une période faste en évènements ,lourde en atmosphère ,une période où l’Homme est un loup pour l’Homme.

« l’humanité n’était décidément pas une bien belle chose " page 245.

Et Pierre Lemaitre excelle à nous le prouver .

      La première partie que j’ai dévorée semble écrite à la façon du XIXème siècle, elle raconte la vie d’une femme manipulée, entourée d’hommes vénaux  pour qui l’argent reste l’ascenseur social.  Cette femme, c’est Madeleine ,qui dans l’œuvre Aurevoir là haut, a déjà bien souffert des hommes. On l’observe avec inquiétude tomber dans des pièges ,tendus par des personnages sans scrupules, offrant au lecteur une palette d’émotions : de l’indignation à l’effroi.

     « Le gouvernement observait avec inquiétude les couleurs de et incendie qui gagnait sans cesse du terrain »page 380 .  Comme le lecteur qui observe la progression de la réalisation de la vengeance  de Madeleine :

    La deuxième partie, d’une verve différente  nous la présente transformée. Une femme qui va utiliser son énergie, son argent pour se venger et cette vengeance est machiavélique, entrainant une foule de personnages, certains qui apparaissent au milieu de l’ouvrage, lors de la nouvelle vie de l’héroîne (Wlladyslawa Ambroziewicz dite Vladi, la cantatrice Solange Galinatto,  Monsieur Dupré, l’amant de Léonce Robert Ferrand).

La narration alternent ces personnages à un rythme trépidant , obligeant parfois le lecteur à remettre le personnage dans l’action. Le roman se fait plus rapide, dense et complexe, suscitant à chaque page le suspens. Le roman semble chercher sa forme : récit d’apprentissage, polar , récit historique ? Il m’a un peu désorientée :  l’écriture de la deuxième partie m’a moins subjuguée et j’ai trouvé la fin de l’œuvre beaucoup moins romanesque, tirant plus sur le compte-rendu. D’ailleurs certains personnages , pourtant haut en couleurs et dont l’histoire mise à part est truculente  (je pense à Valdi et surtout à Solange Gallinato), ne m’ont pas semblé apporter beaucoup au développement de l’histoire (outre leur aide à Paul et beaucoup de fantaisie).

 Je reconnais à ce roman et à son auteur une indéniable folie dans l’écriture : une forme d’humour décalé ,des images surprenantes , des scènes inoubliables (la scène d’introduction qui fait s’écraser Paul sur le cercueil de son grand-père) , une construction en double (d’un roman à l’autre : la scène d’écrasement ) (mais aussi d’une partie à l’autre : paroles de Charles Péricourt lors de la succession que lui renvoie Madeleine lorsqu’il quémande de l’argent ; la scène du baiser de Léonce à Madeleine et inverse) qui font de ce roman une belle suite à Aurevoir là haut dont on est heureux de retrouver le personnage de Madeleine.

Personnage qui d’ailleurs devient en 2ème partie une véritable héroïne ne subissant plus ni les évènements ni les hommes mais agissant , orchestrant sa vie et celle des autres : Gustave Joubert, André Péricourt , et enfin André Delcourt dont elle se venge et entrainant dans son sillage les vies de Léonce, et Monsieur Dupré.

  Malheureusement pas suffisant pour moi, pour me donner comme son prédecesseur, l’envie de le relire. Il reste une suite avec les mêmes ingrédients que le premier mais pas le même engouement.

 

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