Un titre attirant, et grandiloquent pour évoquer le thème du travail et surtout du licenciement .
Le thème trés actuel m'a attiré : la vente d'une entreprise, le changement de direction, les relations entre collègues avant un plan de licenciement.
Un véritable chant d'époque nous décrit la 4ème de couverture :
" Ils étaient des êtres vivants, ils se retrouvent soudain au bord du néant social. Nathalie Kuperman fait entendre, non sans humour ni colère, leurs voix intérieures, ponctuées en basse continue par le choeur des salariés : UN CHANT D'EPOQUE. "
Ce qui est aussi intéressant, c'est que le roman nous fait entrer dans la tête de plusieurs personnages, touchés par cette crise et qui vont se retrouver confrontés à la peur, l'angoisse d'être licenciés, de n'être plus rien, de quitter ce monde finalement rassurant qu'est l'entreprise.
Dés l'annonce du changement de direction, les rumeurs s'engouffrent dans l'entreprise et au début la solidarité, l'instinct grégaire des salariés parce qu'on est plus fort ensemble tente de lutter, de faire front.
nouvel extrait
"On se tend encore la main, on s'aide, on ne se laissera jamais tomber. Les jeunes sont vieux soudain."
"Tout le monde pliera ! Ils le savent déja, leurs poings sont serrés, mais leurs yeux sont vides."
"Et pourtant, nous luttons, mais nous luttons assis."
"
On entre ainsi dans la logique ou non-logique d'ailleurs de plusieurs personnages, leurs raisonnements se déroulent sous nos yeux. On suit leur volte-face, leur "pétage de plomb".
Car des personnages particuliers, on en a quelquuns :
cette femme qui n'a pour autre vie que la collection de poupées qu'elle aime comparer, juger ....métaphore du monde de l'entreprise
cette autre femme qui décide de passer une dernière nuit dans l'entreprise qu'ils doivent quitter et qui fouille dans les cartons de ses collègues
Le patron lui même est une construction monstrueuse de sa fonction de "licencieur" : physiquement et moralement affreux.
Chaque personnage évolue donc selon son propre schéma, mais le roman montre bien que
dans l'enreprise, le collectif façonne l'individuel.
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